mardi, août 30, 2011
mardi, juillet 26, 2011
Retour sur images
<< La pluie se mit à tomber pendant que nous montions l'escalier. Au début, c'était un vent tiède et humide, qui fit frissonner les pétales des petites fleurs blanches et rouges dans les pots, puis quelques taches apparurent sur les pierres sèches. Elle pensa alors qu'allait tomber une de ces averses violentes qu'elle avait vues tant de fois à Cuba. De ces averses cubaines où l'on ne sait pas à quel moment la pluie commence à tomber, où toute la ville semble soudain prise dans la tempête, où les routes deviennent en un instant rivières, où les gouttes de pluie viennent exploser contre le pare-brise. Comme si elle lisait ses pensées, Isabella murmura:
"Les pluies sont douces, à Trinidad." >>
* * *
<< [...] Nous allions sortir du lacis de ruelles de Habana vieja. Les maisons aux murs écaillés comme une peinture abstraite, les gens qui marchent en poussant leur vélo, les gamins qui jouent sur un tas de gravas, et parfois, d'une maison avec patio, des feuilles de bananier qui ondulent au vent de l'autre côté d'un portail en forme d'arche. Il n'y a rien de plus beau que le vert tendre presque transparent des feuilles de bananier sous un soleil puissant. Les nervures blanchâtres qui bougent doucement au vent ont l'air vivantes.
< [...] La maison où nous allions n'était plus loin. Comme toujours, les rues de la vielle cité de La Havane étaient très encombrées, et je dus faire progresser la Mercedes très lentement en klaxonnant sans arrêt. Piétons et cyclistes marchant au pas, flâneurs discutant le coup debout ou assis dans la rue, attroupements devant une voiture le capot ouvert au milieu de la rue, ceux qui essaient de faire la réparation sur place, ceux qui s'attroupent autour pour regarder, carrioles de marchands de fruit ou de boisson au citron, gamins et chiens courant dans tous les sens.
< Un liquide comme de l'huile goutte sur le pavé de la voiture en panne. La voiture est une américaine des années cinquante, la peinture écaillée est recouverte de plusieurs autres couches de peinture, cela lui donne l'air d'être couverte de motifs abstraits.
< [...] La chaleur sourd des pavés au sol et des maisons en pierre sur les côtés, sans issue pour s'échapper. Un air humide et lourd semble coller aux pierres qui couvrent tout l'espace autour de nous. Une chaleur dense s'engouffre dans la voiture et me voilà moite de sueur. J'ai l'impression que c'est toute la rue qui transpire. Moi, j'aime bien cet air lourd de la vieille cité de La Havane.
< [...] La chaleur accumulée dans la journée s'échappe lentement des pierres des maisons, les soirs d'été, dans la vieille cité de La Havane. Le jour, la lumière du soleil frappe avec la violence de véritables coups de poing, mais la nuit, la chaleur de l'intérieur des maisons inonde le corps comme de fines particules. Les murs, le toit, le sol de pierre libèrent leur chaleur et celle-ci se répand par les tapis, les papiers des murs, le verre des lustres. Nous étions arrivés à La Havane au crépuscule, et je ne m'étais pas aperçu que la nuit était arrivée... >>
Murakami Ryû
" Thanatos "
Photo extraite de la série "2010 in photos" du Boston Globe, prise le soir-même où Caroline, Roger et moi découvrions pour la première fois La Habana et essuyions nos premiers orages tropicaux.
samedi, juillet 23, 2011
dimanche, juillet 10, 2011
Avant... Après !
Il y a quelques années seulement, lorsque je voyageais virtuellement et que je m'intéressais à tel ou tel coin du globe, une recherche sur le net permettait de trouver des photos et se faire une petite idée...
Mais on était encore très loin des possibilités de découvertes offertes par le formidable Google Earth, avec ses photos-satellite de plus en plus précises, ses innombrables photos géo-localisées, ses liens vers des articles ou des sites locaux, etc.!
Lors de la dernière Semaine du Ciné Hispanique, j'ai vu un film argentin, Cerro Bayo, tourné dans la petite ville touristique de Villa la Angostura, en Patagonie, à près de 1200 km au sud-est de Buenos Aires. Une région où l'on pourrait se croire dans les Alpes suisses ou autrichiennes, tant par ses montagnes que par ses chalets.
Par curiosité, j'avais virtuellement visité la région, grâce aux photos et à la fonction "relief" de Google Earth, m'imaginant déjà me poser en avion sur l'aéroport de Bariloche et longer le lac de Nahjuel Huapi en voiture de loc avant de descendre à tel hôtel de Villa la Angostura...
Aujourd'hui, c'est en consultant les dernières photos du Boston Globe que j'ai appris que cette région était noyée sous les cendres du volcan Puyehue, situé au Chili mais à une quarantaine de kilomètres seulement.
Toujours avec Earth, j'ai pu comparer quelques images d'avant les cendres avec celles d'après:
* * *
A propos d'une catastrophe sans commune mesure, le Boston Globe présente une série de photos sur le "nettoyage" des dégâts causés par le Tsunami dans le nord du Japon.
Où l'on peut constater la légendaire efficacité (à l'exception de "LA" centrale) et la grande capacité de travail des Japonais, après seulement trois mois...
lundi, juin 20, 2011
mercredi, novembre 24, 2010
¡ Madrid, todavía Madrid !
S'il y a au moins une chose que les photos ne pourront jamais transmettre, ce sont les odeurs.
Pourtant, à chaque fois que je me pose en Espagne, et à Madrid en particulier, c'est cette odeur ambiante et inimitable qui me frappe en premier. Ca et la couleur du ciel, ce bleu espagnol qu’on ne connait pas en France.
Je ne sais pas d’où elle vient, cette odeur caractéristique des villes espagnoles. Pas (seulement) de la pollution : celle-ci a beaucoup baissé, la circulation automobile s’est bien réduite, les véhicules sont récents, il n’y a plus de "smog" au-dessus de Madrid le matin.
Des odeurs de cuisine, peut-être ? Sans doute s’y ajoutent-elles, oui. En Espagne, cela sent la cuisine partout, et presque à toute heure ; on peut manger presque à n’importe quel moment de la journée et, même si ce n’est pas l’heure de manger, il est toujours temps de cuisiner pour les repas suivants. Mais il n’y a pas que ça.
Les odeurs de la campagne viendraient-elle s’y ajouter ? Ces odeurs de terre desséchée et poussiéreuse, de champs d’oliviers, d’orangers. Même à Madrid, en plus des grands parcs aérant la ville, la campagne n’est jamais bien loin ; depuis le Palais Royal, il suffit de regarder vers l’ouest pour voir la Sierra de Guadarrama, toute proche, protectrice. Mais cela ne suffit pas. Il y a autre chose, quelque chose d’indéfinissable…
Dans ce "quelque chose", peut-être y a-t-il tout simplement l’ambiance. Le mode de vie aurait-il une odeur ? Quoi qu’il en soit, et malgré tout ce que nous avons en commun, la Vie en Espagne et la vie en France ne seront jamais les mêmes. Ces odeurs, ce ciel, cette ambiance, cette Vie et plein d’autres choses font que l’Espagne est et restera toujours un dépaysement inimitable.
Faute de savoir photographier la vie et l’ambiance madrilène, je n’ai ramené, comme souvent, que des photos-souvenirs. On en trouve en pagaille sur le net, et parfois de bien plus belles. Mais celles-ci sont les miennes, voilà. En les prenant, j’ai essayé de penser à mes amis n’ayant pas encore la chance de connaître Madrid, ou à ceux qui n’ont pas le loisir d’y aller si souvent que moi.
Cette première série d'une grosse cinquantaine de photos est donc conçue comme une balade, un "tour de ville" depuis le Buen Retiro sous ce ciel bleu si intense, jusqu'à la Gran Vía de nuit, en passant par quelques bâtiments symboliques... et quelques tapas!.
Pour ceux qui n’en auraient vraiment pas assez, une petite série en "rab’" ici, essentiellement des photos qui faisaient un peu doublon.
Enfin, on peut revoir les anciens posts concernant Madrid :
mardi, novembre 09, 2010
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